top of page
RETOUR
-- SOCIÉTÉ --
titre-line-web.gif

Portraits

titre-line-web_edited.png
fond-lavis.jpg

"Si on a pu le faire, pourquoi pas vous ?" C'est ce qu'on essaye de faire passer au travers de ce site et de nos tutos. Mais, avant nous, bien d'autres ont suivi ce chemin. Des gens qui nous ont inspiré et qui continuent encore.

 

Vous trouverez ici quelques portraits de ces personnes qui, aussi, se sont dites "si quelqu'un d'autre a pu le faire, pourquoi pas moi ?" En espérant qu'ils vous motivent autant que nous !

fond-lavis.jpg
SOMMAIRE
Eric

ERIC

Nous avons rencontré Eric à l'été 2019. On avait décidé qu'en attendant de trouver du travail sur la région de Pau, on pouvait aussi bien faire du WOOFING. On s'en est trouvé un juste à coté de chez nous, dans les coteaux Jurançonnais, au Castel Forgues. Un lieu et un collectif qui se construit autour de la permaculture, on était fan. Et puis il y avait Eric, un grand gars tout doux, avec un coeur encore plus grand, et une cinquantaine toute fraîche. Il est le "référent maraîchage" au Castel, et le parcours qu'il a eu avant d'en arriver là nous a donné envie de vous le raconter.

Eric, tu voulais faire quoi quand tu étais gamin ?

Je voulais être coureur cycliste !! Passion qui est née très tôt quand j'étais enfant.

Et tes parents, ils faisaient quoi ?

Ma mère était secrétaire et faisait des missions intérimaires. Mon père travaillait dans l'imprimerie.

Et au point de vue de ton "parcours éducatif" ?

J'ai obtenu le bac G2 comptabilité et j'ai arrêté mes études.

Avant tout ça, tu fais quoi comme boulot ?

J'ai travaillé 15 ans comme employé administratif dans les banques, jusqu'en 2011. Puis, plein de petits boulots (vendeur, employé de grandes surfaces, ouvrier agricole, gestionnaire de parking).

Qu'est-ce qui t'a amené à envisager la vie que tu as maintenant ?

Ayant toujours été citadin, je pense que l'envie de nature s'est faite ressentie de plus en plus au cours des années. De plus j'ai toujours été sensible à la problématique des questions environnementales, et surtout par rapport à l'alimentation, puisque je pratiquais le vélo et qu'une alimentation saine allait de soi. Donc j'ai voulu essayer de voir si je pouvais me retrouver à la campagne et m'occuper d'un potager... 

En quoi penses-tu que c'est un meilleur choix pour toi ? Et pour notre société ?

Même si je suis encore à la recherche du meilleur équilibre possible, je suis simplement content de ma situation actuelle. Est-ce un bon choix sociétal - oui en ce qui concerne l'alimentation, car je milite pour une production bio réelle et abordable pour tout le monde (nous devons trouver un maillage de petits agriculteurs locaux sur tous nos territoires et donc encourager le maximum d'installations).

Quelles ont été les actions concrètes qui t'ont permis d'arriver là où tu en es ?

J'ai suivi une formation en agriculture bio en immersion pendant trois mois près de Romorantin en Sologne, à la ferme de Ste Marthe en 2012. Ensuite j'ai essayé de louer un petit jardin pour cultiver près de chez moi, à Nice. J'ai cultivé mon terrain pendant trois ans, pour mon plaisir et continuer à apprendre, expérimenter de nouvelles techniques.

Dans le même temps en 2013 j'ai créé mon statut d'auto-entrepreneur en livraison de paniers bio. Je m'approvisionnais chez un grossiste en bio. Je démarchais uniquement les entreprises de mon secteur. Le panier était composé par mes soins, en privilégiant les producteurs locaux et des fruits et légumes de saison (car l'offre bio chez mon grossiste ne suivait pas toujours les saisons...). Ensuite je livrais deux fois par semaine. J'ai fait cela un an. Puis j'ai souhaité aller plus loin dans ma démarche et créer une micro-ferme en maraîchage bio.

J'ai contacté la chambre d'agriculture de mon département, et j'ai suivi pendant une semaine une formation concernant l'installation (juridique, fiscale, etc...). Puis plus spécifiquement avec la cellule de producteurs bio, es formations plus pointues (techniques d'irrigations, soins des plantes, production de plants, fertilisation, etc...).

Ensuite est venue la longue quête pour trouver un terrain : un an de recherche, des dizaines de coupes de téléphones et de terrains visités, sans succès (terrain sans eau, mal exposé, trop petit, en pente, trop éloigné de NIce, et souvent trop cher). Donc abandon pur et simple du projet en 2016.

Puis en 2019, suite à longue réflexion personnelle, j'ai voulu rejoindre un collectif pour changer mon mode de vie un peu trop solo, et m'occuper d'un potager en partageant mes expériences et en profitant de celles des autres. Et c'est comme ça que j'ai vu l'annonce du Castel en mars 2019. Je suis venu rencontrer Philippe (le "référent communication" du Castel, ndlr) deux jours en mai. Bonne accroche, je suis revenu en WOOFING trois semaines en juillet (c'est là qu'on s'est connus hahaha quelle soirée mémorable à la Chapelle de Rousse ! =D). Deux semaines après, j'ai fait mes bagages et j'ai quitté Nice...pour venir vivre au Castel, à Jurançon.

Comment envisages-tu ton avenir à présent ?

Bonne question ! Mon rêve est toujours de créer une petite structure maraîchère, mais pour l'instant c'est en stand-by.

SI quelqu'un envisageait de se lancer dans un changement de vie similaire, que lui conseillerais-tu ?

Le plus difficile est de lâcher ce qu'on possède pour se lancer dans quelque chose d'inconnu. Mais ce pas est franchi si on écoute au plus profond de soi, nos envies véritables. Là nous sommes dans la notion du ressenti et il est du domaine de chacun de l'appréhender.

Aurais-tu des références à nous conseiller ? Lectures, documentaires, films… tout ce qui peut te sembler apporter quelque chose à nos réflexions, à nos actions.

Peut-être que cela va vous paraître étrange, mais je conseillerais des livres sur la spiritualité. C'est une des rares lectures qui vous libèrent de vos schémas psychologiques bloquant ! Pour ma part, cela a grandement contribué à ma nouvelle vie.

Thomas

THOMAS

Un gars brut, au contact simple, et fidèle à ses convictions. 30 ans, comme taillé dans une branche d'un de ces bois nobles et solides. On a connu Thomas dans le Gers, lors d'un WWOOFING, dans le cagnard d'aout. Mon premier contact avec le maraîchage, les greffes, les coureurs indiens, c'est chez lui. Thomas est installé  au sein d'une ferme collective, La Ferme Canopée, où il dispose de quelques hectares de cultures, des abeilles, un verger... La vie quoi.

Thomas, quand tu étais petit, tu voulais devenir quoi ?

Depuis que j'ai appris le mot (vers 8-10 ans), je voulais devenir entomologiste. Depuis toujours, le monde des insectes me fascine (et le fait encore aujourd'hui) et le doctorat a été ma ligne d'horizon durant toute ma scolarité.

Et tes parents, quel travail ils faisaient ?

Ma mère a surtout travaillé dans le domaine des politiques sociales au sein de municipalités et le fait encore aujourd'hui, étant cadre dans la fonction publique. Mon père a un parcours plus chaotique. Son principal métier a été l'enseignement du français aux étrangers. Mais il a aussi été libraire, écrivain public, employé d'épiceries bio et pas mal chômeur.

Tu as passé ton doctorat, alors ?

Plutôt studieux et bon élève je suis allé jusqu'à une licence en biologie / écologie avant d'arrêter mes études, crise existentielle obligeant.

Avant de t'installer en maraîchage, tu as fait d'autres boulots ?

Pas vraiment. J'ai fait quelques stages dans le monde de la recherche scientifique durant mes études, et puis j'ai bossé deux ans et demi en tant qu'ouvrier-maraîcher pour me faire la main et le porte-monnaie.

Tu as parlé d'une crise existentielle...

J'ai grandi dans une famille écolo et qui l'a été de plus en plus au cours du temps. Et puis, pour faire simple, en troisième année de licence, mes idéaux en perpétuelle mutation se sont heurtés à mon vieux rêve d'enfant et à ma foi (déjà vacillante) envers la science omnipotente et omnisciente. C'est la lecture de "La révolution d'un seul brin de paille"de Masonobu Fukuoka qui a été le déclic me permettant de prendre pleinement conscience de mes contradictions internes. C'est une violente critique datant des années 1970 contre la science, contre l'agriculture moderne, pour une agriculture dite naturelle, le tout baignant dans une culture japonaise zen et écrite par un ex-microbiologiste des sols. J'ai alors terminé mon année et ai pris le temps de réfléchir à mon avenir.

Je côtoyais des maraîchers depuis longtemps, mon père étant très engagé dans le réseau des AMAP de Midi-Pyrénées. Je me suis dit que le maraîchage bio ça pourrait être chouette, que ça avait du sens, que c'était en accord avec mes idéaux. J'ai testé : ça m'a plu. Je me suis testé : j'ai tenu le coup. J'ai lâché mon rève d'enfant obsolète et puis je m'en suis créé un autre.

Quelles ont été les actions concrètes qui t'ont permis de concrétiser ton projet ?

Je me suis d'abord testé en faisant six mois de WWOOFING dans six fermes différentes, dans le sud-ouest. Ensuite, j'ai bossé comme ouvrier-maraîcher pendant un an dans une ferme bio.

Après, j'ai passé un BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d'Exploîtation Agricole) en maraîchage bio. J'ai encore bossé un an et demi dans une ferme bio. J'ai cherché où m'installer, j'ai trouvé un collectif sympa dans le Gers et puis hop ! je me suis lancé.

Est-ce que ton métier participe à ton épanouissement ou quotidien ? Penses-tu qu'il puisse participer au bien être de notre société ?

Carrément. Et carrément bis. Ce qui est bien avec le fait de fournir de la nourriture à priori saine aux gens, c'est que le sens de cette activité est assez évident. Ensuite, on peut en trouver d'autres. Tenter de façonner un lieu écologico-alimentaire le plus harmonieux possible c'est assez stimulant. Accueillir des wwoofeurs et stagiaires, leur faire découvrir ce que tu fais, leur donner peut-être envie et confiance en eux, c'est pas mal non plus (surtout si l'on pense comme moi qu'un exode urbain s'impose !).

As-tu d'autres activités en dehors de ton travail que tu estimes importantes pour toi ou pour les autres ? Des actions, des choix quotidiens, etc...

Dormir ? Euh, je sèche. Et puis je travaille pas, je vis, c'est tout.

T’arrive-t-il de devoir faire des compromis entre la vie que tu aimerais vivre idéalement, et les choix que tu dois affronter au quotidien ?

Bien sûr. Mais il me semble que c'est aussi ça la condition humaine, non ? Je rêve d'un monde non marchand, de ne pas avoir à vendre mes produits pour pouvoir faire ce que je fais, de ne pas avoir à faire des compromis techniques pour des raisons économiques.

Comment envisages-tu ton avenir ? Un projet perso ou autre.

Flou. Je pense rechercher de plus en plus d'autonomie, notamment alimentaire. Diversifier encore et toujours mon jardin. Je ne fais pas de plans trop précis ni ambitieux, l'avenir ne me semblant pas très stable.

Si quelqu’un envisageait de se lancer vers une orientation ou une reconversion vers une activité similaire, que lui conseillerais-tu ? (difficultés éventuelles, débouchés, à-prioris, etc… )

D'aller voir ce qui se fait. De tester et de se tester. De confronter ses lectures à la réalité des fermes, histoire d'éviter de se prendre des murs. De se méfier des modèles proposés (ou plutôt vendus d'ailleurs) trop parfaits.

Aurais-tu des références à nous conseiller ? Lectures, documentaires, films… tout ce qui peut te sembler apporter quelque chose à nos réflexions et actions.

Il y a plein de bouquins, vidéos et autres sur le maraichage, l'agroécologie, la permaculture, etc. J'ai pas spécialement de titre en tête. Les bouquins m'ont parfois donné des idées, des trucs techniques, mais il faut toujours les confronter à l'expérience (directe ou indirecte). Une bonne idée pour l'un sera merdique pour un autre, pour des questions techniques, climatiques ou humaines.

Quelque chose que tu aimerais ajouter ? (opinions, expériences qui t’on marquées, ou n’importe !)

J'ai pas trop parlé spiritualité, et ça me démange. Si j'ai arrêté mes études, c'est aussi que ma foi envers la science étouffait tout un pan de mon être, le côté spirituel. Notre socio-culture occidentale fait tout pour tuer cette partie de nous, en commençant par la nier. J'ai aujourd'hui une conception profondément spirituelle du monde (laquelle évolue sans arrêt).

>> À lire : La révolution d'un seul brin de paille - Masanobu Fukuoka - Éditions Guy Trédaniel

doodlesflèche-haut.gif

© 2019 par Il y a une graine dans ma tasse.

Merci de nous demander l'autorisation pour toute réutilisation du contenu de ce site.

bottom of page